Position de principe

  1. L’Assemblée générale du SVES affirme à nouveau que la variante « 11+4 » est la seule base de travail à même de répondre aux besoins de formation de la population. Elle renvoie pour l’argumentaire détaillé à la publication « Pour un droit à la formation, nous soutenons la variante 11+4 » (SPV, SSP-Enseignement, SUD-Education, juin 2022), ainsi qu’à la « Déclaration de SUD-Education et SUD-Etudiant·es et Précaires – Libérer et instruire – L’école publique pour tou·tes jusqu’à 18 ans » (26 septembre 2018).
  2. Seule la variante « 11+4 » permettrait d’envisager une véritable réflexion sur l’organisation du système scolaire pour les degrés 9 à 11 de l’école obligatoire.
  3. Si le DEF persistait dans son projet funeste d’imposer un modèle « 10+4 », il serait illusoire de fonctionner autrement qu’avec des filières au secondaire 1.

Revendications du SVES (quelle que soit la variante retenue)

  1. Des effectifs réduits (≤15 élèves par classe) doivent s’imposer dans les classes avec des niveaux hétérogènes. S’il devait y avoir des filières, les effectifs devraient être également limités dans les classes des filières moins exigeantes scolairement.
  2. Quelle que soit la structure scolaire retenue (filières, niveaux, groupes de besoins, etc.), il est impératif de prévoir des passerelles à la fin de chaque semestre, pour les trois années de l’école obligatoire du degré secondaire 1.
  3. Dans ce but, il faut une grille horaire unique pour l’ensemble des élèves du degré secondaire 1. (1)
  4. Pour ce qui concerne l’école inclusive, il est temps d’allouer les ressources aux établissements et aux classes plutôt qu’à des élèves pris individuellement. L’organisation pratique (aide à la classe, co-enseignement, espaces ressources, combinaison) doit être décidée par la conférence des professionnel·les.
  5. Chaque établissement doit pouvoir disposer de classes d’accueil et pas seulement de cours intensifs de français. Ces derniers doivent toutefois être maintenus pour les élèves ayant un niveau de français plus avancé, pour accompagner leur intégration dans la classe régulière après un passage en classe d’accueil.
  6. Les épreuves cantonales de référence dans leur forme actuelle doivent être supprimées. Des épreuves destinées uniquement à l’évaluation du système scolaire pourrait être maintenues en 7e et en 10e année, mais les tests sur les compétences fondamentales menées au niveau national devraient suffire à cette tâche. Dans tous les cas, les épreuves de référence ne doivent plus être prises en considération dans les processus d’orientation et de sélection.
  7. Il ne doit plus y avoir de « certificat» de fin d’études à l’issue de l’école obligatoire. Seuls les résultats de l’élève à l’issue de sa dernière année de scolarité doivent intervenir pour l’orientation dans les filières subséquentes. (1)
  8. En matière d’orientation professionnelle, il s’agit de ne pas en faire trop et de ne pas en faire trop tôt !
    1. Il n’est pas utile de prévoir un temps spécifique en 9e année à la grille horaire, ce qui n’empêcherait pas la participation dans l’organisation de journées spéciales ou la participation à des manifestations particulières. (3)
    2. Il peut être prévu une période de formation générale et d’approche du monde professionnel en 10e année, avec des stages de courte durée mais dans le nombre de jours sur temps scolaire doit être limité.
    3. En 11e année, il peut être prévu deux périodes de formation générale et d’approche du monde professionnel, pour dégager le temps nécessaire pour la finalisation des démarches d’orientation et de choix à l’issue de l’école obligatoire. La durée des stages peut être plus longue qu’en 10e année mais elle doit être également limitée.
    4. Il faut rappeler que la mission essentielle de l’école doit être la construction intellectuelle et l’acquisition des compétences fondamentales prévues par le plan d’études. Le choix de formation et l’accompagnement de l’orientation doit d’abord être la mission et la responsabilité des parents ; le rôle de l’école est de les seconder dans cette tâche.
  9. Les attributions des conférences des professionnel·les dans les établissements en matière d’organisation pédagogique et d’organisation du travail doivent être renforcées. Les conférences doivent se voir attribuer un pouvoir de décision en la matière.
  10. Le temps nécessaire pour les devoirs doit être intégré à la grille horaire pour tous les élèves qui ne bénéficient pas d’un encadrement suffisant à la maison pour les faire correctement. Les devoirs doivent être encadrés par des enseignant·es qualifié·es.

 

SVES, juin 2026

 

(1) Si les options spécifiques ne devaient commencer qu’en deuxième année de l’école de maturité, toute exigence de choisir une option ou secondaire 1 pour choisir une option à l’école de maturité devrait donc tomber et les élèves devraient donc pouvoir choisir n’importe quelle option au secondaire 1, quelle que soit leur orientation.

(2) C’est le seul moyen de mettre fin au paradoxe actuel qui fait que des élèves obtiennent un certificat sur la base d’un programme personnalisé pendant que d’autres ne décrochent qu’une attestation alors que leurs résultats sont meilleurs dans l’absolu. À l’avenir, les élèves présenteront les résultats qu’ils ont obtenus à l’issue de leur dernière année de scolarité obligatoire (la 10e ou la 11e suivant le modèle retenu), cas échéant avec l’indication qu’ils ont suivi un programme personnalisé. L’attestation de fin de scolarité devrait donc également disparaître.

(3) Les élèves sont trop jeunes et leurs préoccupations à cet âge sont beaucoup trop éloignées du choix de la formation à la suite de l’école obligatoire pour que les interventions à ce sujet soient véritablement efficaces. Il n’est guère possible d’aller au-delà de la sensibilisation.